Artiste transmédia, Informaticien, Créateur de mondes
Catégorie : PROJETS
Quelques-uns de mes articles portant sur mes productions informatiques et numériques. En tant qu’Artiste ArTeC transmédia en Recherche-Création, je créé des dispositifs artistique mêlant Arts et Technologies pour raconter de belles histoires.
Vous le savez, au delà de mon travail d’artiste, je suis également développeur informatique ! Et dans le cadre de ma pratique artistique, j’ai quotidiennement besoin d’avoir des outils numériques robustes pour me permettre de donner vie à mes projets créatifs. Et dans cet article, je vais vous présenter un logiciel que j’ai créé pour concevoir ma nouvelle installation artistique interactive ! Mesdames et messieurs, et vous les enfants, laissez moi vous présenter Griffure.app !
Présentation de l’Application
Griffure.app est une application web permettant la création de projet transmédia immersifs. Dans une seule interface, le designer d’Aventures va avoir l’opportunité d’inventer son histoire de manière modulaire et multimédia.
Sur une interface nodale, l’utilisateur peut manipuler le scénario son installation. Ainsi, il peut gérer vidéos interactives, images, jeux vidéo, ambiance sonore pour donner vie à l’aventure qu’il raconte.
Griffure.app est une véritable application métier, qui permet de concevoir en équipe une aventure. Mais pas seulement. Car en plus du moteur d’aventures, Griffure.app est un outil de pré-visualisation qui permet d’anticiper ce à quoi notre aventure va ressembler. Ainsi, on a un outil de gestion de video mapping, un outil d’itération pour débugger notre aventure, et une API pour partager notre aventure depuis le web via l’API de l’application !
Ce que l’on peut créer avec Griffure.app ?
Griffure.app est pensé comme un outil multi-support. En effet, l’application vous permet de construire des diapositives interactives dans lesquels cohabitent vidéos, images, textes, sons mais aussi mini-jeux en 2D et en 3D (au choix) programmables en javascript. Également, l’outil propose d’ajouter des éléments sociaux tels que des Qr Codes, des Quizz et des outils de feedback !
Griffure.app peut vous permettre de donner vie à des présentations professionnelles, des expériences immersives et interactives, des applications web et mobiles, mais aussi des installation artistiques et des video-projections.
Imaginez un Powerpoint pensé comme un hub linéaire et interactif, surdoué d’outils d’interactions pour toutes vos aventures professionnelles et artistiques !
Voici mon troisième et dernier Carnet en ligne ArTeC, rédigé dans le cadre de ma mobilité internationale. Cet écrit est le dernier rendu dans le cadre des cours “Expériences internationales” et “Proposition de créolisation”. Il est complémentaire à mes deux précédents rendus disponibles au format vidéo et au format post de blog.
Cet article est un point de rupture dans mon travail, car il reflète à la fois ma volonté de prendre de la distance vis-à-vis de mon style d’écriture comme dans mon mode d’expression. Il s’approche davantage de mes écrits développés pour mon mémoire qui est désormais orné d’une problématique définitive tournée autour de l’animation 3D comme outil réflexif de la narration fictionnelle transmédia.
Article
L’être humain est un être de fiction.
Au-delà du simulacre ludique déjà adopté par le reste du monde animal, il a la capacité de consommer des représentations fictionnelles. Ainsi, il devient animal imitateur dès son enfance pour acquérir ses premières connaissances jusqu’à les repenser, les digérer, les optimiser en inventant de nouvelles parades, initiant de nouvelles fictions du quotidien.
À l’ère de l’outil technique, ses capacités d’imitateurs sont remises en cause, ses compétences et ses gestes sont destitués de leurs postures, sacralisées au fil des siècles. Les arts mimétiques sont remis en cause par la machine, qui a la capacité de se substituer au pouvoir de la main, et dans le cadre de l’art, à la fiction de l’artiste. Dans les arts technologiques à l’âge du numérique, puis à l’ère de l’intelligence artificielle, jamais l’imitateur n’a été autant remis en question.
L’artiste technologique est plus que jamais vulnérable à sa position ambiguë entre artisan digital et pauvre utilisateur d’un outil plus intelligent que lui. Il évolue désespérément dans une position anti-mimétique, oscillant entre pratiques technologiques et arts mimétiques traditionnels. Le choix n’existe plus: Industrie ou Art, Commerce ou Partage: le combat du Capitalocène face au Chthulucène.
La technologie de la 3D est elle aussi une pratique ambiguë, capable de servir d’outil de construction de fictions animées et animables à souhait, entre feintise ludique et imitation d’un réel émergent, entre jeux vidéos et effets spéciaux. Cette technologie est pensée comme une subversion, permettant de détourner le fondement mimétique en mettant en valeur les techniques imitatives. L’objectif devient alors une pratique d’un renforcement de l’illusion, la construction d’un pinceau dont la ligne est indissociable du réel.
La 3D offre un nouvel espace-monde, régissant un nouvel espace-temps capable d’élaborer l’espace d’un instant un trouble dédié à l’existence d’une passerelle entre monde fictionnel et réalité réelle.
Mais si la technologie 3D peut servir à augmenter et imiter notre réalité, il reste pertinent de la détourner, de s’en servir comme appât vers une proposition plus abstraite. Et si Jean-Marie Schaefer évoque le loup imitateur capable de substituer une fiction par une autre, les effets spéciaux pensés comme des répliques d’un monde plausible, auxquels on croit, quelle est la place de l’imaginaire dans l’usage des arts technologiques.
L’infidélité visuelle de l’univers fictionnel est un usage contraire de la technologie 3D: elle donne vie à des formes imaginaires, pensées comme des incarnations magiques. L’épopée colorée propose une diégèse du rêve, appelle à l’aventure notre enfant intérieur et construit un dispositif pensé comme un accomplissement dans la fiction. Ainsi, l’univers fictionnel devient bulle distante, la fiction devient ludique, la fiction devient une aventure, le mensonge devient un remède.
La technique transcende son support, et le moyen d’interaction avec la fiction devient source d’imaginations et de rêveries. Mais si l’illusion prend forme face à l’acteur-spectateur du récit, elle s’immisce aussi dans le cœur de la fiction: ainsi, trouver son chemin dans un monde qui ne nous ressemble pas devient une imitation sélective, un apprentissage perpétuel. Dans ce monde fait de polygones, le spectateur joueur perd la partie et recommence au gré des game over, surplombant peu à peu les limites de son art pour aller au niveau supérieur.
Dans ce récit initiatique qui cache son nom, notre aventurier devient un autre, se dote d’une identité surnaturelle. Il vit le temps d’un voyageune perte de soi, mêlée à une quête de son nouveau soi, dans un dispositif du leurre ou l’outil devient matière, ou l’univers devient voyance hallucinatoire. L’artiste et conteur d’histoire est à la fois ingénieur BTP et architecte s’attardant à éliminer les blocages de l’immersion, pour faire de ce rêve une réalité dont la seule véritable issue est la réalité.
Alors, dans une ré-instanciation constructiviste, l’artiste repense son environnement, virtuel comme réel, pour mieux reconstituer et étendre la fiction qu’il conçoit. Il fabrique un dispositif capable d’assouvir les besoins de sa fiction, dans une recherche à la fois technique et esthétique.
Le transmédia propose ainsi de s’émanciper du biais intentionnel de la fiction en la rendant hyperactive, omnisciente et omniprésente. L’univers fictionnel devient causalité mimétique, non intentionnelle: l’illusion est codée génétiquement par l’univers fictionnel qu’elle transmet avant d’être fabriquée par son dispositif de transmission, son support de diffusion.
Un personnage peut se moquer d’un autre, et peut l’imiter parce qu’il lui ressemble. Faire d’un amas de polygone (par exemple un renard creepy en 3D) un interlocuteur, faire d’une musique une ambiance est un acte d’imagination, cela redéfinit la valeur épistémique d’une œuvre de fiction. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux, qu’est-ce qui est probable, qu’est-ce qui est possible dans un monde qui ne nous ressemble pas.
Ainsi, si la forme voudrait que l’on mette en évidence l’impossibilité d’une œuvre, il est rédhibitoire de forcer un être d’art à se travestir. Et une fiction n’est pas obligée de se dénoncer comme une fiction. L’espace de jeu devient suspense d’incrédulité.
“La situation de l’immersion fictionnelle pourrait être de ce fait comparée à celle dans laquelle nous nous trouvons lorsque nous sommes victimes d’une illusion perceptive tout en sachant qu’il s’agit d’une illusion. En effet, une illusion perceptive au sens technique du terme (c’est à dire une illusion qui résulte d’une erreur des modules perceptifs préattentionnels) continue à être opératoire même lorsque l’on est parfaitement conscient du fait qu’il s’agit d’une illusion, c’est à dire lorsque l’on est à même d’empêcher qu’elle se transforme en croyance perceptive (erronée).”(Pourquoi la fiction, p. 191).
“Du point de vue de leur fonctionnement fictionnel, il n’y a pas de grande différence entre Bambi et Babe le cochon, bien que le premier soit un dessin animé et le second un film “réel”. Cela explique aussi la facilité avec laquelle nous acceptons des univers filmiques mixtes qui, à l’instar de Qui a tué Roger Rabbit ? combinent les deux supports. Ce point est important, car il illustre l’abîme qui sépare la feintise ludique partagée de celle de la feintise sérieuse: “une feintise sérieuse se servant d’un flux imagé ne peut pas être efficace que pour autant elle “détourne” des images indicielles (cinématographiques), car ce qui importe ce n’est pas qu’elle leurre notre mécanisme perceptif (à un niveau préattentionnel), il faut qu’elle nous amène à entretenir des croyances erronées, en l’occurrence la croyance qu’elle nous donne à voir des éléments réel.” (Pourquoi la fiction, p. 249).
“Je crois qu’on aurait intérêt à distinguer trois questions: celle du statut du dispositif fictionnel, celle de sa fonction immanente ou de sa vidée, et celle de ses fonctions transcendantes éventuelles.” (Pourquoi la fiction, p. 319).
“Comment répondre à l’urgence ? Telle est la question qui doit devenir brûlante si nous voulons vivre avec le trouble.” (Vivre avec le trouble, p. 14)
“SF. Ces deux lettres peuvent faire référence à la science-fiction, au féminisme spéculatif, à la science fantasy, aux fabulations spéculatives, aux faits scientifiques ou encore aux jeux de ficelles. Jouer à ces derniers, c’est donner et recevoir des motifs. Il arrive qu’on perde le fil et qu’on échoue. Il arrive aussi qu’on trouve quelque chose de fonctionnel , quelque chose qui apporte des conséquences, voire quelque chose de beau et d’inédit? Jouer à des jeux de ficelles, c’est faire passer des connexions importantes. C’est aussi raconter des histoires en mêlant nos mains, nos doigts, nos points d’attaches. C’est enfin élaborer les conditions d’un épanouissement dans la finitude, sur notre planète, la Terre, Terra? Les jeux de ficelles exigent qu’on accepte de recevoir et de transmettre. Les joueurs peuvent être nombreux et user de divers appendices, du moment qu’ils tiennent le rythme à ainsi donner et recevoir.” (Vivre avec le trouble, p. 22)
EGO FABULA est un projet de création transmédia que je développe sur GRIFFURE. En durant mon cours de création de moteur de jeu à l’Université de Sherbrooke, j’ai eu l’opportunité de réaliser un scène de mon choix directement dans le moteur que j’ai programmé !
Du coup, quand un exercice était de réaliser une scène en 3D dans un moteur 3D écrit en C++ et avec OpenGL, j’ai créé une scène sous marine pour mettre en scène mon personnage fétiche de cet univers: Gavrich. Et pour cette version du personnage, j’ai réinventé le character design du personnage qui date d’anciennes expérimentations !
Ici, j’ai apporté au personnage un côté plus rigolo et déjanté, tout en restant fidèle à mon idée originale du personnage: un petit sirenien qui à de grands cheveux !
Le personnage est un petit chenapan et est un grand blagueur, mais surtout un nageur rapide et hors pair.
Le moteur graphique n’étant pas l’Unreal Engine, mon personnage est en basse résolution… Cependant, je suis plutôt convaincu par le résultat ! Et d’autant plus fier d’avoir travailler en C++ sur un moteur de jeu vidéo en temps réel !
Auditeurs, lecteurs, spectateurs. Camarades de classe, professeurs, penseurs. Ceci est mon rendu dans le cadre de mes cours “Expériences internationales” et “Proposition de créôlisation”.
Je vais y parler de voyage, de recherche-création, d’aventures, de vécu, d’expériences… En bref, je vais me raconter !
J’ai choisi d’effectuer ce travail sur trois axes qui sont partie intégrante de mon projet de recherche-création. Tout d’abord, mon mémoire parlant de l’esthétique au service de la narration et s’appuyant sur le transmédia, il était inconcevable de vous proposer un simple texte. J’ai donc décidé d’articuler ce projet entre plusieurs supports. Une vidéo que j’avais entamée il y a quelques mois et qui est désormais complétée par d’autres morceaux de vies. J’y décris mon ressenti, mon travail de recherche, mes outils dédiés à la rédaction de mon mémoire.Vous découvrirez également de multiples visuels expérimentaux, tous développés par mes soins. Dans le cadre de l’ensemble de mon travail, aucune intelligence artificielle n’a été utilisée, excepté un paysage affiché dans ma vidéo, via IA générative. J’ai passé un temps monstre dans la création de l’ensemble de mon travail écrit, audio et vidéo. J’espère qu’il répondra à vos attentes et – soyons fous- qu’ils vous inspirera plein de choses dans vos projets de recherche-création !
VIDEO: présentation de l’oeuvre interactive (une des deux productions de ma recherche-création), j’y évoque un jeu de société développé l’année dernière et le gameplay d’un jeu de rôle pour mieux entrevoir l’expérience que je vais proposer
VIDEO: VIVRE LA FICTION: Le premier rendu qui raconte mon voyage au Quebec. J’espère que vous comprendrez mieux l’idée de cette réalisation qui était dès le départ prévue comme une part de quelque chose de plus grand.
VIDEO: Bande originale du film UNAI: Les Histoires de par-delà les étoiles; accompagnée de quelques animations expérimentales qui je l’espère vous surprendront.
En plus de cette vidéo, je propose deux textes distincts. Ces écrits sont complétés par des productions audio telles que mon conte audio avec les personnages de UNAI qui est une forme d’adaptation de mon projet transposé à l’audio. Vous constaterez qu’en ôtant l’esthétique de mon projet, les détails et les délires, il n’en reste qu’une œuvre niaise au service de pas grand chose, si ce n’est mon inexorable soif d’amour et d’amitié. Oui, c’est effectivement niais, mais vous commencez à me connaître !
TEXTE: Un texte sur la créôlisation, qui ne va pas vraiment évoquer une notion que j’aimerai importer en France, mais un ressenti, provocant mais sincère.
TEXTE: ma méthodologie de recherche création au sens large.
Bienvenue dans mon univers !
Projet de recherche-création
Mon projet consiste en un univers transmédia et s’articulant autour de deux œuvres distinctes :
– Un film d’animation & live-action “Les Histoires de Par-Delà les Étoiles” – Une expérience immersive
Ici, j’utilise mes recherches en arts, en technologies, et en création littéraire et en création numérique pour questionner le/la spectateur.ice /acteur.ice sur la manière de raconter une histoire, et de la vivre au travers d’un dispositif transmédia.
Sujets: transmédia, film d’animation, esthétique, jeu-vidéo, jeu de société, expérience immersive, vidéo, documentaire expérimental, recherche-fiction, narratologie
Créôlisation
Quand un mur cassé peut devenir l’espace infini, quand un amas de polygones peut devenir un acteur, quand une personne devant un fond vert peut devenir un aventurier de l’espace… En termes narratif, en terme artistique, je suis persuadé que l’intégration de ces différentes composantes est en réalité issue d’une même notion.
Nous questionnons notre rapport à l’abstraction dès lors que nous consommons de la fiction. Nous testons notre capacité à appréhender une réalité alternative, dès lors que l’on s’approche d’une tentative de comprendre une forme, une couleur, le sens d’un signal envoyé par une œuvre.
Pourquoi la statue ressemble-t-elle à cela ?
Pourquoi avoir montré ça, ici, comme ça ?
Ces questions en elles-mêmes sont une fiction qui peut animer une conversation, divertir, le temps d’un instant, un groupe de spectateurs qui n’ont jamais été le public visé par l’œuvre. Imagine, il a fait ça en se disant que ça allait être beau.
“Imagine”, c’est une raison amplement suffisante pour qu’on soit une fiction autour d’un objet. Nous lui donnons un sens, et nous questionnons sa pertinence.
Je suis persuadé que l’on a peu de capacité à être insensible à la fiction (et à l’affection). Après tout, votre portefeuille est rempli de morceaux de papier, de petites pièces qui perdent de la valeur, que vous souhaitez utiliser à l’autre bout du monde.
À titre personnel, je n’ai jamais réussi à payer une seule de mes bières avec des billets de cinq euros au Québec !
Notre capacité à donner de la valeur à une œuvre est, selon moi, issue de cette même réflexion : apporter du sens au réel. Faire du sens un outil capable de transformer le réel en réalité.
Le réel, c’est ôter un billet d’un portefeuille. La réalité, c’est d’échanger dix euros contre sept boissons délicieuses à 5 % d’alcool. La fiction, c’est dire qu’on va t’être capable de rentrer chez soi après avoir bu l’intégralité de cette bière.
La phrase que je prononce au paragraphe du ci-dessus n’est peut-être pas partagée par mon lecteur. Mais on a tous une résistance différente à l’alcool différente !
Tu veux faire quoi plus tard, quand tu seras grand ?
Je veux devenir pirate de l’espace.
Cette dernière affirmation, issue de la bouche d’un enfant, sera certainement prise pour de la fiction. Mais issue de la bouche d’un jeune/vieil homme de 26 ans, qui réalise un film d’animation, c’est une fiction, autrement.
L’espace, c’est un sujet qui nous passionne tous. Il permet un rapprochement entre notre présent et notre futur. Cette thématique sous-entend en permanence, notre rapport à un futur, à une projection fantasmée du quotidien de nos enfants. C’est une course, un ressentiment permanent vers une idée que l’on se fait de la société dans mille ans.
J’aime écrire sur des sujets qui parlent du futur, qui l’envisagent. C’est une manière pour moi d’écrire sur la science, de la vulgariser, et de m’approcher de cet immense univers qui dépasse chacun d’entre nous. C’est quelque chose qui nous façonne, qui nous façonnera.
Mais c’est aussi une manière de m’inspirer, d’essayer de m’échapper de mon présent pour construire des contextes et des récits qui pourraient être la base d’une aventure fictionnelle. De la science-fiction.
Écrire de la science-fiction, c’est prendre le risque de présenter un futur qui ne sera jamais réalité. Alors autant faire n’importe quoi ! Après tout, un rêve de gosse est aussi de la SF !
C’est d’inventer une science-fiction qui mélange esthétique et irrationalité. C’est d’emblée accepter que l’aventure vécue par le public n’est rien de plus qu’un conte pour enfants, qu’une métaphore censée lui apporter réconfort.
Mon projet de recherche création n’est rien de plus qu’un livre pour enfants criards, dont l’esthétique développe ma vision de la narratologie.
Ce qui donne du sens à mon conte, à ma fable, ce sont tous ces détails, ces personnages, ces paysages qui sont mon défouloir. Une cour de récréation où je gesticule entouré de quelques jouets.
Je veux cultiver ma différence au travers de ma création. Je veux choquer, bousculer le spectateur. Je veux me moquer affectueusement de la personne qui prendra le temps de vivre cette aventure avec moi.
Et aujourd’hui, plus que jamais, je me questionne sur mon avenir autant que mes personnages.
Quand j’écris ces lignes, je suis au Québec, je me sens libre grâce à ce beau voyage, mais je me sens lié au lieu où j’habite. En construisant des mondes virtuels, je me rapproche de ce qui me manque en France. C’est marrant d’avoir l’impression de me balader d’un bout à l’autre du monde en portant un monde fictionnel à bout de bras.
Je ressens aussi de la tristesse. L’impression que le temps passe, que les rencontres s’effacent. Alors j’écris: à cet ami espagnol pour savoir si les pluies diluviennes ne lui ont pas fait de mal; à cette ex qui me remercie avec politesse, à mes parents qui s’ennuient sans mes monologues passionnés, à mes profs qui constatent avec étonnement que mon projet n’a pas plus de sens que lors de mes premières présentations !
Oui, tout avance. Je construis des rêves espérant secrètement pouvoir me construire un avenir dans des métiers, des pratiques, des arts qui demandent sans cesse à être réinventés.
Ici, partager mes ambitions et mes rêves a une autre tournure qu’en France. Quand je partage à un Québéquois mon projet de micro-entreprise, sa première réaction est de se montrer enthousiaste, de me dire que mes dessins animés lui donnent envie de composer des musiques.
Je ne sais pas si cette bienveillance est une façade ou une culture, mais je me sens serein, presque comme au Paradis. Je suis juste un pauvre gars comme tant d’autres qui veut juste créer, sans être jugé.
Ici, j’ai aussi eu l’occasion d’apprendre une certaine manière de communiquer, qui va droit au but et qui se veut franche. Les moments les plus étonnants ont été les différents “dates” qui ont animé mes soirées de l’hiver 2024 ! J’ai alors découvert de nouveaux mots… Et ce n’était pas le soir des élections américaines !
Si j’écris ces lignes, c’est pour vous rapprocher de moi, de mon ressenti, de mon travail. Et j’avais envie de partager sous une forme aussi plaisante que le vlog mes sensations de voyage. Je veux dire, comment voulez-vous que je vous partage mon récit riche en péripéties avec une seule forme. Du coup, je me mets en scène, j’écris, je film, je développe des plans en images se synthèses… Et rien n’est suffisant !
Comment partager des aventures dans une forme bridante quand il existe autant de façons de s’exprimer ?
Imagine: tu fais des études en recherche-création pour étudier l’esthétique plastique de la narration, tu te professionnalises en montant ta boite, tu vas à l’autre bout du monde pour rencontrer des professeurs qui te parlent de la formation qui s’apprête à ouvrir, t’enchaînes des visios avec ton directeur de Master, puis rendez-vous professionnel avec des institutions pour leur montrer ton film, et t’en parles aux gens du statut étudiant-entrepreneur, et tu écris ton mémoire avant d’enchaîner sur des cours d’algèbre linéaire que t’as pas vu depuis au moins quatre ans, le tout entre une réunion avec ta classe à ArTeC et un passage à la radio universitaire… Attention ! La deadline des demandes d’aides financières à la recherche création arrive… Oh non ! La bourse n’est pas arrivée… Ce mois-ci, c’est le mois des pâtes ! Ah, les pâtes, c’est moins gouteux que la Poutine… Bon, bah c’est l’heure de taper dans le livret A ! Non mais regarde toi, t’as même pas fini de préparer le powerpoint pour tes prochains rêves de recherche-création… Tu fais un film d’animation et des oeuvres d’arts interactives… Mais pourquoi faire, tu es fauché ! Tu es tellement fauché que tu refuses de faire appel à cet ami cinéaste qui t’as proposé ses services gratis ! Et tu fais quoi ? Bah tu fais tout, tu t’acharnes à faire un film avec des effets spéciaux et des créatures en images de synthèses. Mais pourquoi faire ? Pourquoi aller à l’autre bout du monde pour faire de l’imagerie numérique ? Pourquoi tu montes une boite pour payer les gens ? C’est pour l’éthique ? Pour faire en sorte que les gens qui bossent avec toi aient le droit de vivre de leurs arts, qu’ils aient le droit de rêver eux aussi à un meilleur avenir ? Nan mais quel échec. Regarde, les gens se moquent de toi, de tes créations, de ta persévérance… Fais comme tout le monde. Vas voir une asso, fais un film au Crous. Ce n’est pas avec tes films creepy et tes musiques libres de droits que t’iras loin. Regardes, je fais mieux que toi avec l’intelligence artificielle ! À quoi bon faire des logiciels de 3D si je peux faire la même chose en quelques lignes ? Tu penses que l’imperfection de ta pratique va te sauver ? Mais quelle tristesse, l’avenir n’est pas de créer des mondes William, c’est de les louer. Quoi ? Tu dis quoi ? Que tu as tout misé sur la recherche-création et sur le Master ArTeC ? William, tu es un pauvre informaticien. Ce n’est pas parce que tu as sauvé des gens que tu mérites un meilleur futur. Ce n’est pas parce que tu es gentil que les artistes te prendront en considération. Ce n’est pas en protégeant cette victime qui a peur que tu seras moins triste. Alors pourquoi tu fais tout ça ? Pourquoi tu vis tout ça. Toi et Moi, on le sait, ce n’est pas en fabulant que ton ego te servira. Il est temps de détruire le temps perdu, de l’effacer, de dessiner une nouvelle perspective. Tu as certainement raison, peut-être faut-il mieux emprunter le meilleur chemin vers la fin des Histoires que tu as écrites. Oui, ce ne sont pas les plus satisfaisantes, les plus courtes, les moins difficiles. Mais ce sont les plus fortes, les plus engagées. Tu as certainement raison. ton chemin dis quelque chose de toi. Ton chemin dis quelque chose d’un monde. Bon. Arrête d’attendre des autres et fais comme tu le fais depuis le début: apprends en faisant, galère et construit tes aventures. Bon sang, à défaut d’être le moteur de l’histoire, tu en sera peut-être l’un des cœur. Détruire des rêves, c’est facile. Se moquer d’une œuvre, c’est pratique pour se mettre en valeur. Alors il faut construire, bâtir par les textes, décrire par l’image, ressentir par le son. Quand on y pense, le comédien n’est pas si éloigné de l’animateur de personnage. Quand on y pense, le poète n’est pas si éloigné du game designer. Quand on y pense, le voyageur n’est pas si éloigné du spectateur… Je suis désolé, je n’aurais pas du te parler comme ça. Je n’aurais pas du écrire ce paragraphe, mais comme tu le sais, un bon héros n’est rien sans un bon méchant. Un comédien n’est rien sans son réalisateur. Un protagoniste n’est jamais aussi bien décrit que son narrateur ! Fais de ce monde fictionnel une réalité, fais de ces personnages autre choses que des amas de polygones, fais de ces rêves une jolie ambiguïté. S’il te plait, fais le pour toi, (re)construit l’impossible.
Quand j’achèverai mon voyage au Québec, j’aurais, je l’espère, accompli plein de petites choses. Et quand je serai à Paris, j’achèverai mon voyage au Centre de l’Univers.
Et j’ai la prétention de me dire que si ces Voyages n’auront pas changé les mondes, ils m’auront changé, moi.
C’est peut-être ça, vivre la fiction.
Méthodologie et suite
Je me permets de re-préciser que ma recherche-création n’est pas la seule activité de j’ai durant cette période, étant donné que je gère la création de mon activité professionnelle, les financements de mon projet artistique, ainsi que mon semestre de mobilité internationale en Baccalauréat informatique et jeu vidéo (Avec des cours de maths, de programmation dans des langages que je ne connaissais pas, des cours d’imagerie numérique, et des cours d’interfaces). Je suis donc bien entendu dépassé par les évènements tout en étant encore en capacité de réaliser mes travaux pour ArTeC !
Depuis l’été dernier, je me suis beaucoup documenté et j’ai embrassé le travail de recherche. C’était quelque chose que j’avais eu du mal à faire durant la première année de Master, étant donné que j’avais besoin de me familiariser avec les méthodes de recherche-création.
Désormais, je prends beaucoup de temps de lecture, tout en développant les plans de mon film. Lors de mes balades (à Montréal ou Sherbrooke), je prends des photos, des films, de la photogrammétrie de l’environnement. Puis je développe des plans avec ces images. À noter que depuis très récemment, je fais la même chose avec le son.
Toutes les deux semaines, je prends rendez-vous avec Vincent pour avoir ses retours sur les nouveaux plans, et sur les écrits qui s’ajoutent à mon document de recherche. Vincent a l’air à la fois charmé et traumatisé par les visuels qui sortent de mon ordinateur. J’ai donc hâte de vous les montrer !
Je considère que je suis désormais bien équipé sur la technique numérique. Et grâce aux modules de l’année dernière, j’ai désormais des bagages dans la réalisation, le scénario pour l’animation et le design appliqué aux arts. Également, j’ai les notions de questionnements et réflexions sur mon travail, nécessaires sur l’usage du numérique, et sur la manière dont je veux raconter mes histoires suite à mes cours de l’année passée.
Cette année, j’ai pris le MIP “Voix et corps rebelles : rejouer les héroïnes médiévales aujourd’hui” qui je l’espère, me permettra d’en apprendre plus sur la comédie ! Cela me permettra de compléter mon arc de compétences.
Enfin, je nourris l’espoir de poursuivre l’année prochaine sur un recherche-création dans un doctorat. Vous imaginez donc que les morceaux que je ne développe pas dans ce projet seront réemployés dans de futurs travaux.
Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme.
Visuels du film
Quelques captures d’écran de mon film: “UNAI: Les Histoires de Par-delà les Étoiles”
Découvrez mes créations artistiques !
Avant de partir, saviez-vous que j’ai une chaîne YouTube dédiée à l’animation et aux créations artistiques ? 🎨✨
Car en plus d’écrire ce blog, je réalise mes propres oeuvres transmédia !
Alors rejoignez-moi dès à présent pour découvrir mes web-séries et créations originales. Ne manquez pas les dernières productions avec du jeu vidéo, des dessin animés, des devlogs, de la bande dessinée… En bref, des histoires à découvrir…